J’ai rencontré le seul équipage féminin à participer à une manche du Championnat du monde des Rallyes. Il s’agit de Charlotte Dalmasso et de sa copilote Marine.

Charlotte Dalmasso, 21 ans, pilote de rallye, poursuit courageusement ses études en parallèle. « Depuis que j’ai 16 ans, je suis copilote. Aujourd’hui, c’est moi qui pilote et je suis en tête du championnat de France féminin de rallye« . Sa copilote s’appelle Marine, une grande amie qui gère à merveille le caractère impulsif de Charlotte. (Les Charlotte seraient-elles toutes les mêmes ?)

Cheveux blonds très longs, Charlotte, plus svelte que jamais, se sent prête à croquer la gomme : la miss vient de perdre dix kilos. « Y’a pas à dire, je me sens mieux pour piloter avec deux tailles de combinaison en moins ! Pour rentrer et sortir des sièges baquets, j’ai plus de peps ! ».

Je m'entends hyper bien avec Marine ! Elle sait que je suis impulsive dans la voiture mais que dès que la course s'arrête je redeviens moi-même. Elle ne m'en tient jamais rigueur. C'est important.
Je m’entends hyper bien avec Marine ! Elle sait que je suis impulsive dans la voiture mais que dès que la course s’arrête je redeviens moi-même. Elle ne m’en tient jamais rigueur. C’est important.

Charlotte Dalmasso a commencé par des championnats de karting, afin « de posséder certaines techniques indispensables« . Puis, en 2011, elle a directement participé à un rallye et a appris sur le tas. « J’ai juste fait un stage pour apprendre à rouler sur la terre« , décrit Charlotte.

Plutôt terre ou asphalte ? « Asphalte ! Dès qu’il pleut, c’est la guerre sur la terre ! Ca glisse, c’est un calvaire. C’est la seule fois de ma vie où j’ai eu envie de pleurer« .

Je pensais qu’être une femme aiderait à trouver des sponsors. « Pas vraiment, m’explique Charlotte Dalmasso. Je cherche toujours des partenaires pour pouvoir participer à plus de rallyes (ndlr, 5000 euros de budget minimum par rallye). Les enseignes de filles me disent souvent que mon sport n’est pas assez féminin et les enseignes de mecs sont assez réticentes à soutenir une fille… C’est vrai que je ne roulerai jamais comme Sébastien Loeb, mais je suis quand même devant pas mal de gars de ma catégorie« .

Pas si évident pour une fille de trouver des sponsors...
Pas si évident pour une fille de trouver des sponsors… Charlotte Dalmasso aimerait qu’on lui fasse un peu plus confiance.

Charlotte Dalmasso s’entraîne pendant les séances d’essai, sur route fermée. Elle passe aussi par les visionnages vidéo. « Une amie, par exemple, m’a passé les vidéos d’un rallye qu’elle avait déjà fait. Je les ai bossé tous les jours pour voir les pièges et l’état de la route après les passages des voitures ».

Mardi, Charlotte Dalmasso partira en « reco » (entendez « reconnaissance bien sûr) au Zénith, en Alsace. « Lundi, je récupère mon matériel, mon roadbook, je fais les vérifications administratives. Le lendemain, je peux reconnaître la route sans dépasser les limitations de vitesses autorisées sous peine d’une amende. En effet, les routes restent ouvertes et il faut faire attention aux autres automobilistes ».

Si elle en a l’opportunité, Charlotte Dalmasso serait bien tentée par le rallye des Gazelles. « Ce doit être une super expérience humaine ! ». J’espère en tout cas que Charlotte décrochera le titre de championne de France de rallye féminin devant sa principale rivale, Charlotte Berton.

Nous vous redonnerons des nouvelles de Charlotte Dalmasso après les championnats du monde de rallye.

Palmarès de Charlotte Dalmasso : 4ème au Rallye des vins de Mâcon