Petit à petit, l’hydrogène sort de son nid. Celui de l’expérimentation où l’avaient relégué les ingénieurs. En témoigne la Toyota Mirai qui déboule dès septembre en Europe et en vente libre après son carton japonais. Évidemment, le terme est un poil appuyé pour une auto qui n’a pas dépassé le score de 1500 commandes au Japon. Mais le constructeur se l’était joué plutôt modeste avec son usine à gaz et n’en prévoyait que 700. Joli succès donc, qui l’incite à tenter l’expérience chez nous avec un prix qui, s’il n’est pas encore affiché sur la drôle de voiture, ne devrait pas être inférieur à 70 000 euros. Et Toyota de rêver déjà à une alternative à la voiture électrique pour son modèle hydrogène. Comme Honda et, dans une moindre mesure Hyundai.

Station hydrogène

C’est que, sur le papier, nos Japonais et Coréens ont raison. Car contrairement aux autos qui ne comptent que sur leurs batteries à l’autonomie limitée, comme les Zoe ou Nissan Leaf, les hydrogènes roulent à peu près aussi longtemps qu’une bonne vieille pétrolette sans en repasser par la case station service. En plus, les premières ne rejettent dans l’atmosphère que de l’eau.

Voiture à hydrogène : que de l’eau dans l’atmosphère ?

Mais, car il y a souvent un « mais » dans les nouvelles technologies, cette forme d’énergie pose quelques soucis, d’ordre logistique d’abord, financier ensuite, et en terme de respect de l’environnement pour finir. Prenons la Toyota Mirai et passons sur son très curieux design. C’est une auto de la taille d’une Avensis, la berline du même constructeur. Sauf qu’elle coûte deux fois plus cher. Certes, elle n’a pas besoin d’un plein à 80 euros tous les 600 km. Mais dans l’état actuel du réseau de distribution d’hydrogène, totalement embryonnaire, il est impossible de relier Palavas Les Flots pour la migration estivale. Ni même de faire l’aller – retour chez sa belle mère si elle habite à plus de 250 km. Dommage. Évidemment, on peut craquer pour ce type d’engin si on a l’âme militante et que le réchauffement climatique nous taraude. Mais dans ce domaine également, le gain est loin d’être évident. Si les rejets de l’auto à hydrogène dans l’atmosphère sont nuls, il n’en va pas de même pour la fabrication de son carburant : l’hydrogène qu’elle doit stocker pour avancer. Or, comme le rappellent nos confrères d’Auto-Moto, la production de ce combustible reste polluante et rejette l’équivalent de 100g de C02 au km, soit peu ou prou, le même score qu’un moteur diesel moderne.

Voilà qui relativise l’attrait de ces voitures à hydrogène. Reste que la recherche dans ce domaine avance vite. Si la production de ce carburant à l’intérieur même des voitures est abandonnée pour l’instant, le développement de fabrication d’hydrogène moins polluante est à l’étude. Mais en attendant, les solutions automobiles non fossiles restent complexes. Hormis les deux berlines Tesla à l’autonomie revendiquée de 400 km, le bon vieux moteur à explosion est, pour l’instant, le plus compétitif, le moins cher, et pas forcément le moins polluant.

2 COMMENTS

  1. Et il faut 4 kWh d’électricité pour faire 1 kWh d’hydrogène. Pas rentable !
    la pile à combustible ne sera pas pour M. Toutlemonde. Mais peut-être pour des flottes captives d’entreprise, l’aviation …?

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