Nausée, malaise, jambes molles, sensation de ne pas être dans la réalité… De nombreux automobilistes présentent des troubles phobiques au volant de leur voiture. Pour certains, conduire est un véritable calvaire. C’est le cas d’une copine, Emmanuelle, 49 ans, une femme pourtant très à l’aise, joyeuse et même un brin extravertie dans la vie. Personne ne soupçonne à quel point un trajet est inquiétant pour elle ni quel stress cela provoque. Elle se confie…
- De quoi as-tu peur au volant de ta voiture ?
– J’ai cette peur irrationnelle de ne plus savoir où se trouve la pédale de frein. D’ailleurs, je vérifie souvent si elle est bien là, ce qui est assez dangereux. Je redoute également de m’endormir. Conduire me demande tant de concentration que je m’épuise vite : au bout d’une heure et demie il faut que je fasse une pause. Ce qui est embêtant, c’est que je ne fais pas plus confiance à celui qui me conduit : je me sens obligée de prendre le volant dès le début du voyage pour éviter que la peur panique s’installe. Je m’imagine sans arrêt que le conducteur, en l’occurrence mon mari, sur le trajet des vacances, s’endort lui aussi.

- Quelle route t’effraie le plus ?
– L’autoroute ! Doubler un camion me pose rapidement problème par exemple. Et un cumul de situations peut m’angoisser : un camion à doubler, une barre de béton sur la gauche et des voitures qui accélèrent derrière moi. Heureusement, mon chéri me rassure. Sinon, je flippe.
- Quels sont les symptômes de ta phobie ?
La veille d’un trajet, je dors très mal. Et au moment de monter à bord de la voiture, j’ai les mains moites. Enfin, j’ai rapidement la sensation que j’ai sommeil et qu’il faut que je fasse un petit roupillon.
- Quelles sont tes parades à cette phobie en voiture ?
Y aller quand même ! Sinon, c’est la fin des haricots. Je sais que je ne conduirai jamais plus. Je prévois toujours un paquet de chewing-gum et j’écoute une émission de radio qui me captive et me fait penser à autre chose qu’à mon angoisse. Une musique douce peut éventuellement m’apaiser aussi.
- A ton avis, quelle est l’origine de ta phobie ?
La conscience aigüe du danger. Deux accidents vécus alors que j’étais passagère. Mais aussi le fait que j’ai passé le permis de conduire très tard, à 30 ans, et que je n’ai vraiment utilisé la voiture que vers 40 ans.
- Souhaites-tu suivre une thérapie pour te soigner ?
– Ca existe ?
- Bien sûr. Et c’est très efficace. Les thérapies comportementales par exemple ont fait leur preuve pour le traitement des phobies.
– Dans ce cas, pourquoi pas.



