D’habitude je suis plutôt solidaire des filles. Surtout de celles qui affrontent les mâles en politique. Elles ont le mérite de se coltiner les éléphants de tout bord. On leur reproche la moindre incartade alors qu’on laisse tranquille leur homologue masculin. Mais, la dernière sortie de Ségolène Royal n’est pas juste une bétise de plus, mais le signe d’une réelle incompétence, non pas forcément de la ministre de l’Ecologie, mais des conseillers qui l’entourent plutôt très mal. Qu’a t’elle fait ou dit ? Une énormité, en demandant 1000 euros de remboursement par voiture Volkswagen équipée du fameux logiciel farceur censé passer haut la main les tests d’homologation. La ministre a affirmé il y a deux petits jours que, « lorsque l’achat de véhicules soi-disant propres a donné lieu à des versements d’aides publiques, ces aides publiques devront être remboursées. » Pourquoi pas, après tout. Si l’Etat a versé des sous sur la foi d’un mensonge, il est logique de rembourser. Sauf que Ségolène s’est pris les pieds dans le tapis de sol des Volkswagen qu’elle accuse. Tout simplement parce que les tests d’homologation européens, dont l’Etat français tient compte pour son bonus malus écolo, s’appuient surtout sur les émissions de C02, et très peu sur les NOx. Or, le scandale Volkswagen est uniquement lié à une fraude sur les diesels et leurs émissions de NOx. Tout faux, donc. En plus, quand Ségo réclame 1000 euros que l’Etat aurait versé, il ne s’agit pas du tout d’une subvention offerte à Volkswagen, mais du bonus donné, le cas échéant, à des particuliers qui auraient acheté ces voitures. Mais pour percevoir un tel bonus, encore faut-il rouler en hybride ou en électrique, deux types de voitures qui ne sont absolument pas impliquées dans le VWgate.

C’est donc un zéro pointé que récolte le staff de Ségolène Royal. Une série de tests sur une centaine de véhicules à moteur diesel a débuté ce jeudi pour détecter d’éventuelles fraudes à la pollution dans la foulée du scandale Volkswagen, alors qu’environ 1,1 million de véhicules pourraient être concernés en France.