Avec son autonomie réelle de 380km, l’Opel Ampera E est la première auto électrique capable d’affronter les longs trajets. Une voiture zéro émission qui n’exige plus d’en posséder une autre pour effectuer l’ensemble de ses déplacements, qu’ils soient quotidiens ou exceptionnels. 

Elle n’a rien de vraiment spectaculaire. Pourtant, sous son allure de sage monospace, se cache l’un de ces modèles capables, au pire, d’épouvanter la concurrence, et au mieux, de la bousculer. Car l’Opel Ampera E qui débarque en Europe, et qui n’est autre qu’une Chevrolet Bolt rebadgée pour le vieux continent, détient le record de puissance et d’autonomie dans sa catégorie. Enfoncés les 250km de la Renault Zoe et de la Nissan Leaf qui ne sont que les secondes autos d’un ménage. L’Allemande affiche 520km sur le papier et 380 dans la vraie vie. De quoi la destiner à presque tous les usages.

Essai Opel Ampera E
Sous ses allures de monospace classique, l’Opel Ampera E cache l’une des technologies les plus abouties en matière d’’électrique.

Une autonomie parfaitement crédible puisque, lors de notre essai (cf mon envoyé spécial Michel Holtz), avec une température extérieure de 0°, l’Ampera affichait 350km d’autonomie, alors que le froid dégrade fortement les capacités des batteries. Des batteries, elle en regorge. Elles pèsent 430kg et se répartissent sur toute la surface du plancher entre les roues avant et arrière. Un choix judicieux qui assure le parfait équilibre de l’auto, tout en libérant un très respectable coffre de 381L. Cette architecture permet également à l’auto de bénéficier d’un centre de gravité ultra bas qui lui permet de virer parfaitement à plat. Du coup, cette sage Opel se révèle agile comme un kart et tire profit de ses 204ch. Au détriment du confort néanmoins puisque elle semble totalement dépourvue de suspensions. Une sécheresse d’amortissement à l’inverse de la philosophie de la compacte qui se destine aux tranquilles trajets familiaux. En témoigne la taille du coffre bien sûr, mais aussi l’espace dévolu aux passagers arrières. Ils pourront étendre leurs jambes mais devront éviter de s’attarder sur les matériaux qui les entourent. Des plastiques gris uniformes et durs habillent l’ensemble de l’habitacle, juste rehaussés d’une touche de blanc et de noir sur la planche de bord et d’un écran multiùédia de 10,2 pouces. On est loin du premium d’une Tesla, et même de la touche de fraicheur d’une Zoe.

Reste que l’investissement de General Motors dans son modèle électrique ne se niche pas dans les détails de la finition, mais bel et bien dans le cœur de cette Ampera : sa technologie. Et dans ce domaine, elle est loin d’être le cancre de la classe. Capable d’accélérations de GTI, elle se conduit également d’un pied, grâce à son unique palette située derrière le volant. Inutile de l’utiliser pour changer de vitesse : c’est un frein moteur qui permet en l’actionnant de recharger la batterie. Un système qui peut être augmenter grâce à une position spécifique sur la commande de vitesse automatique au plancher. Ce système utilisé en ville rend l’usage de la pédale de frein parfaitement inutile sauf en cas d’urgence. Toute cette technologie avancée se paie malheureusement au prix fort. Vendue un peu moins de 40 000 euros en Allemagne, elle devrait débarquer au même tarif en France. Un prix abaissé de 6 000 euros de bonus (voir de 10 000 en échange d’un vieux diesel) chez nous qui sera appliqué dès que les premiers modèles débarqueront dans l’hexagone. Reste à savoir quand. Une seule usine au monde, à Orion dans le Michigan, fabrique ce modèle rare. Et son succès européen, notamment en Norvège repousse sa sortie française à quelques mois.