La Formule E fait sa révolution ce week-end. Pour la première fois, ce championnat opposant des monoplaces 100 % électrique investit les rues de Paris. Ce vendredi matin, à la Maison de la chimie transformée pour l’occasion en salle de presse, rarement les habitués n’avaient vu autant de journalistes. Ils sont plus de 300 à être accrédités pour ce qu’ils sont encore nombreux à appeler « la Formule 1 électrique ».

Alors que l’ensemble des pilotes se plient aux nombreuses interviews dans l’une des salles boisées de la Maison de la Chimie, Simona de Silvestro se tient légèrement à l’écart. Entourée par cinq journalistes allemands, elle se confie, sourire aux lèvres.

Simona : la seule femme pilote en Formule E

Simona
Simona

Son enthousiasme et son naturel surprennent. Ses cheveux bruns tombent sur sa combinaisons, elles multiplient autant les sourires que les regards malicieux. Il y a chez Simona de Silvestro une bienveillance rare dans un milieu habitué aux flashs et aux autocongratulations. Pourtant, ne vous méprenez-pas : ce petit bout de femme n’a pas volé sa place sur la grille de départ de Formule E.

Née en Suisse en 1988, elle s’intéresse naturellement à l’automobile dans les pas de son père, lui aussi féru de belles cylindrées. Celle qui parle couramment quatre langues (français, italien, allemand et anglais) fait ses gammes comme nombre de pilotes : karting, Formule Renault avant de s’envoler pour les Etats-Unis. Peu connue en Europe, c’est de l’autre côté de l’Atlantique qu’elle s’impose, gagne en popularité et démontre qu’une femme n’a rien – absolument rien – à envier aux hommes derrière un baquet. En huit ans aux Etats-Unis, elle a participé aux 500 miles d’Indianopolis (l’une des courses les plus prestigieuses au monde) et compte cinq saisons en IndyCar. Elle est ensuite revenue en Europe où elle a découvert, à la fin de la saison dernière, les joies de la Formule E.

« Je suis souvent considéré comme une petite sœur »

Simona de Silvestro n’a plus rien à prouver mais elle explique qu’elle doit se battre « encore un peu plus » à cause du fait d’être femme. « Je sais que je suis plus attendue, plus observée aussi » confie-t-elle. Dans ce monde si masculin, parfois limite misogyne, elle garde le sourire : « bien sûr, je suis entourée par les hommes. Mais je suis habituée : souvent, je suis considérée comme une petite sœur dans les écuries où j’évoluent ».

Femme
@Formule E

La pilote suisse, qui ne cache pas avoir Michael Schumacher pour modèle, sait qu’elle peut être considéré comme un exemple pour les jeunes femmes avides d’évoluer en sport automobile : « il faut montrer que c’est possible, que les jeunes femmes peuvent croire et atteindre leur rêve. Si tu veux être ingénieur ou mécanicien, ce qui n’est pas des métiers réellement « féminins », c’est possible. Pourquoi pas pilote ? »

Bientôt en F1 ?

Simona a été proche d’avoir un volant en Formule 1, la catégorie reine du sport automobile. C’était en 2014, en tant que pilote d’essai chez Sauber. Si elle n’a pas pu franchir le pas, ce n’est pas à cause de son sexe, juste une question d’opportunité. A nouveau comme les autres pilotes. « En F1, il est essentiel d’être soutenu fortement par des sponsors, ce qui n’est pas mon cas. Mais je pense que je peux être au niveau et c’est déjà très important ! Il faudra qu’un homme, que des sponsors croient dans les capacités d’une femme et lui donnent sa chance. C’est le seul moyen de prouver que nous sommes capable de le faire. »

En attendant, la pilote se focalise sur cette course parisienne. Certes, sa monoplace Andretti, n’est pas encore armée pour remporter des courses. « Notre objectif, c’est le top 10 » explique la pilote, qui a réussi à terminer 9e de la dernière course à Long Beach.

« A Paris, le circuit offre des virages lents qui pourraient nous avantager » assure-t-elle. Une fois casquée et installée dans le baquet, Simona de Silvestro quitte le sourire pour une abnégation digne des meilleurs pilotes. En espérant que cette motivation pourra rapidement porter ses fruits.

1 COMMENT

  1. Finalement, cette interview était une bonne idée ! Non?
    Je vais de ce pas lui donner mon FanBoost.

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