Pour les débuts de la 3ème saison de Formule E, discipline 100% électrique, les pilotes avaient rendez-vous à Hong-Kong devant un public très féminin. Rafraîchissant, d’autant que l’ambiance était surchauffée. Alors que débute la troisième saison, les constructeurs s’y pressent : Renault, DS et Audi, rejoints cette année par Jaguar et BMW (avec le team Andretti), en attendant Mercedes qui a annoncé son arrivée pour la saison 5.

Hong-Kong
Formule E

Du côté des équipementiers aussi la Formule E séduit. Michelin, partenaire fondateur de la discipline, est le manufacturier unique. Ce dernier a développé pour la Formula E un pneu très spécial, capable de rouler sur sols sec ou mouillé. Il y a aussi ZF avec Venturi, Schaeffler avec Audi, Panasonic avec Jaguar… Bref, tout le monde veut être vu en Formula E. Et puis il y a les stars, ces VIP, accueillis chaleureusement à chaque manche, à l’instar de l’acteur américain Leonardo DiCaprio, qui vient rendre visite à Alejandro Agag, le patron de Formula E Holdings, dès qu’il en a l’occasion.

Formule E
Hong-Kong, si les stars locales du cinéma et de la chanson sont venues s’affronter en piste à bord de Volkswagen Golf électriques, il ne manquait plus qu’un public enthousiaste pour que la fête soit totale. Et ce fut le cas. Les 22 000 billets disponibles ont été vendus bien avant la course et, signe que la discipline est appréciée de tous mais aussi de toutes, on pouvait voir de nombreuses femmes attirées par ces voitures de course « propres ». Les autres disciplines motorisées rêveraient de pouvoir se targuer d’un championnat où les travées sont aussi mixtes !

Formule E Hong Kong

Un esprit de fête, un circuit complexe

Ce qui est certain, dans cette mégalopole tentaculaire de 7,2 millions d’habitants, c’est que la discipline permet à quelques artères de faire le vide, là où chaque mètre de bitume est d’habitude recouvert par un trafic qui jamais ne s’arrête. Mais si la foule à Hong-Kong semble baigner en permanence dans un esprit de fête, le circuit, lui, n’offre aucun répit aux pilotes. Ils doivent en effet maîtriser un tracé court d’1,80 km, très sinueux avec ses dix virages, et doté d’un asphalte relativement glissant.

Ces monoplaces électriques sont tellement spécifiques que Michelin, unique fournisseur du championnat, a dû mettre au point des pneus spéciaux : les Pilot Sport EV au format de 18 pouces. Véritables concentrés de technologie, ils permettent à ces « Formule 1 » électrifiées de courir par tous les temps et sur tous les circuits urbains du championnat.

Ce pneu sculpté se veut performant et endurant quelles que soient les conditions météos. Car contrairement à une discipline comme la Formule1, les pilotes conservent les mêmes pneus toute la journée, des essais jusqu’à la fin de la course.

ePrix de Hong-Kong : Sébastien Buemi, la copie parfaite

Formule E Hong Kong

Après une séance de qualifications animée par deux sorties de piste – dont la seconde a conduit les organisateurs à annuler la « super pole position » qui permet aux cinq meilleurs temps d’en découdre pour déterminer les positions sur la grille de départ – le départ de la course a été donné à 16 heures locales, avec une température extérieure de 38°C… Pas étonnant que certains aient préféré regarder la course depuis les structures VIP à plus de 1 500 € le billet… ou derrière les baies vitrées de l’Apple Store voisin, gratuitement…

Finalement, après une heure de bataille acharnée et de nombreux rebondissements, c’est Sébastien Buemi qui a remporté le premier ePrix de la saison, faisant résonner l’hymne suisse dans la baie de Hong-Kong. La seconde place revient au brésilien Lucas Di Grassi (Audi Sport Abt Schaeffler), devant la Mahindra de Nick Heidfeld.

La prochaine manche du championnat de Formula E aura lieu le 12 novembre prochain dans la chaleur de Marrakech. C’est la première fois que la discipline posera ses roues sur le sol africain.

Texte : Antoine Grenapin/Auto Press Club

Photos  : Christophe Hunsicker/Auto Press Club