Volkswagen Arteon : l’anti passe-partout

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« Volkswagen c’est bien mais c’est passe-partout ».  Comme moi, les employés de la marque ont dû entendre cette phrase des millions de fois. Une réflexion difficile à tenir lorsque l’on se retrouve au volant de la Volkswagen Arteon, une berline coupé cinq portes au style ravageur. J’ai pu faire quelques – grands – tours de roues avec la plus belle des Volkswagen sous le soleil de la côte d’Azur. 

Avec sa grande calandre en chrome, ses grosses jantes de 19″ et ses phares full led, l’Arteon se prend pour une star . A juste titre. ©Yanis Darras

«  Depuis le temps que je l’attendais celle là » lance un de mes collègues dans le parking de l’aéroport de Nice. C’est vrai que l’Arteon était attendue. Vu sa robe, je comprends tout de suite pourquoi. Avec ses 4 roues et ses grosses jantes de 19“ « Chennai » bien posées sur la route, je suis sûr de ne pas me faire de frayeur comme précédemment en avion (L’atterrissage à Nice est toujours très délicat).

Mais la robe grise de ma version d’essai rappelle fortement le monde de l’aviation. Sa grande calandre intégrant les phares avant, ses larges hanches à l’arrière et ses lignes fluides créent un tout agréable à regarder. Même pour quelqu’un comme moi qui déteste l’aéronautique. Je me demande si l’Arteon ne se prendrait pas un peu pour une star de cinéma… ou une italienne , au choix.

Le jaune Curcuma, c’est la couleur flashy de cette Arteon. Ca pourra intéresser La Poste. Les chefs d’entreprises… moins je pense… ©Volkswagen France

Arteon, ça veut dire quoi au fait ? C’est la fusion du mot art qui désigne les courbes de la voitures  et la terminaison -ON qui désigne tous les modèles haut de gamme de la marque Volkswagen. 

Elle a bien raison d’ailleurs. La Volkswagen Arteon est la plus latine des voitures Germaniques. Elle retourne les têtes sur son passage. Et avec le jaune Curcuma, je ne vous raconte pas ! Ca faisait longtemps qu’on avait pas vu une Volkswagen intriguer autant les gens. J’aime bien ce côté prise de risques stylistiques moi. Pas vous ?

Dans l’habitacle, en revanche, on reconnait bien la marque. Pas de doute possible, on est bien dans une Volkswagen. On est, en fait, dans une Volkswagen Passat. La planche de bord est pratiquement la même entre la Passat et l’Arteon. Pour  l’originalité, j’irai plutôt vers la nouvelle Polo. Mais mes collèges aiment bien : « On sait ce qu’on achète. C’est sûr, la qualité est sans reproche… ». La finition est parfaite. Quoique, il y a des plastiques durs en bas de la planche de bord et vu le prix de la voiture, je trouve ça un peu mesquin. Qu’importe, les clients seront fans. Mais j’aurai aimé un intérieur qui se différencie des autres modèles de la marque,  juste un peu.

Les habitués de la marque ne seront pas dépaysés ! Pas de prises de risques pour Volkswagen. L’intérieur de l’Arteon n’est en fait, que celui de la Passat. ©Volkswagen France

L’Arteon peut conduire toute seule

Question technologie, vous êtes au bon endroit. À l’intérieur, pas moins de deux écrans devant vous. L’Active info display, le fameux écran qui remplace les compteurs à aiguilles. Et au centre de la planche de bord, un écran multimédia. Vous avez d’ailleurs le choix entre deux tailles. Un de 8“ et un plus grand, de 9,2“. La voiture est aussi capable de conduire toute seule. Vraiment. En plus des traditionnelles aides à la conduite ( freinage d’urgence, maintient actif dans les voies etc…) , le régulateur de vitesse adaptatif est désormais capable d’abaisser sa vitesse en fonction des panneaux croisés le long de votre trajet. Couplé au GPS, il ralentit également la voiture à l’approche des rond-points, sans votre intervention. Attention, si elle est capable de tout faire toute seule, ce n’est pas une raison pour vous endormir derrière le volant. Garde à vous, si vous enlevez vos mains du cerceau, la voiture émettra un bip assez fort avant de le coupler d’un coup de frein ( sans danger pour les autres) mais capable de vous réveiller et même de vous surprendre. Encore un peu de patience, la voiture autonome est en route…

l’Arteon TSI 280cv en finition R-line ( devant) ou l’Arteon Bi-TDI de 240cv en finition Elégance (derrière)? La bête ou la belle ? A vous de choisir…

Je vous avoue que la voiture autonome m’intéresse tant qu’elle a encore un volant est des pédales. Et heureusement pour moi, c’est encore le cas. Posé sur mes quatre roues, j’enchaîne les virages de la Côte d’Azur. L’Arteon que j’essaie a un bi-TDI 240 chevaux. Les virages passent comme un couteau passe dans du beurre. Le châssis répond tout le temps présent, et vous provoque même. «  C’est tout ce que tu peux faire? » semble-t-il chuchoter au conducteur. Mais la position de conduite est trop verticale à mon gout et c’est confirmé par mes confrères : « Je sais pas si c’est le volant ou l’Active info display qui est trop à la vertical, mais c’est dérangeant pour trouver sa position de conduite » raconte mon copilote. C’était le «  petit truc bizarre qui ne va pas » et qu’on aura mit beaucoup de temps à trouver dans cette auto. Si le châssis est très bon, la direction ne donne pas beaucoup de ressenti  de la route. Et ça c’est bien dommage quand on a 240 chevaux sous le capot qui n’attendent qu’une chose : que vous appuyez sur l’accélérateur.

Quand deux Arteon se rencontrent, elles discutent de quoi? De technologie? De luxe? Ou de leur ressemblance avec la Passat cc??? ©Yanis Darras

Mais alors ça coûte combien tout ça? Assez chère. Le biTDI en milieu de gamme, finition Elégance, était à 54 900€ sans option. Le TSI 280 – que j’ai pu essayer quelques heures – lui, en finition R-line était à un peu plus de 53 000€. L’Arteon commence néanmoins à 37 800€ en finition Arteon – difficile de faire plus original comme nom de finition – avec un moteur TSI 1.5l de 150 CH en boite manuelle. Pour le diesel 2.0L TDI de 150CH , il faudra au minimum 40 360€ sur son compte en banque. Heureusement que l’équipement de série comprend dès le départ les phares full Led – mais pas directionnels – les jantes 18“ et bcp d’aides à la conduite. Les prix peuvent monter jusqu’a 60 000€ sans les options bien sûr.

A savoir 

Volkswagen s’en prend directement à une autre marque du groupe, Audi. L’Arteon a pour concurrente désignée, l’Aude A5 sportback. Une première dans le groupe VAG. Comme sa cousine, elle aussi mise sur des lignes latines, au point de se faire passer pour une italienne. C’est probablement la seule Volkswagen qui fait autant tourner les têtes !  Mais l’intérieur, le comportement routier et l’offre technologique rappelle que l’Allemagne est la terre natale de cette Arteon. Si Volkswagen n’est pas très optimiste sur ses ventes ( seulement 2000 en France en année pleine), son prix pourrait piquer quelques clients à une Audi devenue chère au fil  des ans. Après, les clients sont ils prêts à renoncer à un blason pour des équipements ? Les ventes de l’Arteon nous le dirons. 

Texte : Yanis Darras

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