Les piétons restent plantés, comme collés au sol par de la super glue, sur le passage qui leur est dédié : ils observent, les yeux en diagonale, ma berline silencieuse estampillée Porsche qui se pointe perpendiculairement à eux. La Taycan donne des frissons rien qu’en la regardant. Il faut dire que la ligne de la sportive électrique est l’une des plus réussie de la maison.

Essai Porsche Taycan Turbo S
La Porsche Taycan et sa boîte de vitesses automatique à deux rapports est un missile électrique !

Je n’ose pas klaxonner. Heureusement les gens à pieds qui aimeraient bien grimper à mes côtés, ou plutôt me chiper le volant, me laissent enfin fendre l’air. Je proposerais bien aux quatre jeunes à la langue qui pend, de monter à l’arrière. Un à mes côtés et trois à l’arrière, c’est faisable. A condition de bien se courber une fois installée derrière moi, et d’être assez téméraire pour boucler la ceinture centrale arrière…

–> Lire ici mon essai Porsche Panamera

Pas le temps de leur donner leur chance. Je daigne leur faire un coucou de la main, et guide sous leurs yeux toujours ébahis ma Porsche Taycan Turbo S comme s’il s’agissait d’une ballerine malgré ses 5 mètres de long, ses 2 mètres de large et ses 2.3 tonnes.

Sa direction est ultra-précise, sa position de conduite hypra-parfaite, une polyvalence entre sport et confort inimitable… Oui, ma Taycan à l’essai a réellement quelque chose de Zuffenhausen.

Et si on a, certes, plus de place qu’une traditionnelle 911 (ce n’est pas vraiment compliqué), la Taycan n’apporte pas le confort et l’aisance d’une Panamera, surtout aux places arrière. La Taycan dispose tout de même de 366 litres de coffre à l’arrière et de 81 litres à l’avant.

A bord, surprise de taille en découvrant la planche de bord. Ma Taycan à l’essai me plonge dans un univers numérique avec pas moins de trois écrans digitaux. Si la forme du tableau horizontal d’instrumentation n’est pas sans rappeler une certaine 911 de 1963, les fonctionnalités transpirent la modernité.

Effet catapulte !

Comparé à la Panamera, l’autre quatre portes signé Porsche, la Taycan est encore plus basse et prend des allures de coupé. Deux moteurs l’électrisent. Leur puissance maximale cumulée de 761 ch n’est disponible qu’au démarrage (avec le bouton Launch Control) et les 625 ch « restants » pendant 10 secondes seulement. Franchement, je n’ai jamais connu de telles sensations auparavant. Peut-être aurait fallu que j’ai la chance de tester une Bugatti Chiron ? Je ne sais pas ce qui m’a le plus impressionnée : le 0 à 100km/h en 2.8 secondes ou les 240km/h atteint en… moins de dix secondes ! La Porsche Taycan et sa boîte de vitesses automatique à deux rapports est un missile électrique (même en jupe et en talons) ! Un missile silencieux et qu’on n’attend pas. Impossible d’anticiper le catapultage tant l’instantanéité du couple opère. 

Avec un moteur électrique sur chaque essieu, ma Porsche Taycan est bien évidemment une quatre roues motrices.

Conseil de CharlotteAuVolant : si vous testez un jour cette machine sensationnelle, surtout appuyez bien votre nuque contre l’appuie-tête. Sinon ça sera le cogne-tête !

Taycan : 300 km d’autonomie réelle

21 mn pour passer de 15 à 80 % de charge

Pas vraiment patiente de nature, ma hantise était de m’arrêter aux bornes Ionity. Car qui dit moteurs électriques dit évidemment autonomie, recharges, et contraintes qui y sont liées. Sur autoroute, la consommation de la Taycan monte en flèche. Du coup, si les batteries promettent un peu plus de 400 km d’autonomie (463 avec la grosse batterie), dans la vraie c’est plutôt 300km. Un élément qui m’a bien aidée, moi la pilote anti conduite éco conduite : le planificateur de trajet embarqué qui m’a permis de suivre en direct la conso d’électricité et également de m’aider à dénicher les bornes de recharge Ionity.  Joie : une vingtaine de minutes m’ont permis de passer de 15 à 80 %. Pour les clients Porsche, la facture Ionity revient à 27 euros le plein (0.33 euros/kWh).  

Tarif : à partir de 189 152 euros