Les voitures autonomes, c’est pas son truc. Carlos Ghosn l’a avoué lors de son passage au salon de l’auto de New York : « nous ne sommes pas vraiment enthousiasmés par la voiture sans conducteur ». On ne sait pas si le boss de Renault-Nissan parle de lui-même à la troisième personne dans ces propos relayés par le Wall Street Journal, mais toujours est-il qu’il a ajouté que « ce concept pourrait devenir extrêmement dangereux dans des pays sous-développés qui manquent d’infrastructures routières. » Et d’en appeler à la circonspection sur les voitures autonomes, et au lobbying pour que les pays concernés mettent en place les moyens nécessaires.

Activer les lobbys pour que les routes soient à la hauteur est une bonne chose. En revanche, la réaction du patron du losange est étrange, car son groupe est engagé, comme tous les grands constructeurs automobiles, dans la course à la voiture autonome. Ne pas aimer un type de voiture à titre personnel est une chose, l’exprimer en public en est une autre. C’est comme si son homonyme et concurrent Carlos Tavarès, PDG de Peugeot-Citroën dont on connaît le goût pour la course automobile, et le coup de volant réputé agile, en venait à dénigrer les SUV que son groupe produit. Car on se doute bien qu’il est peu enclin à conduire ce genre d’engins. Reste un homme qui a certainement été plus surpris que tous les autres par la déclaration de Carlos Ghosn : c’est son chauffeur personnel.